Cavalieri:La reppresentatione di anima e di corpo

Emilio de’ Cavalieri (ca. 1550-1602) :  La reppresentatione di anima e di corpo

Marie-Claude Chappuis (Anima), Johannes Weisser (Corpo), Gyula Orendt (Tempo, Consiglio), Mark Milhofer (Inteletto, Piacere), Marcos Fink (Mondo, Secondo Compagno di Piacere, Anima dannata)
Staatsopernchor Berlin, Concerto Vocale, Akademie für Alte Musik Berlin, René Jacobs

Label : Harmonia Mundi  HMC902200/01 Code-barres / Barcode : 3149020220023

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L’année 1600 constitue une année charnière à maints égards dans l’histoire de la civilisation occidentale. Pour la chrétienté, pour la papauté et les autorités ecclésiastiques d’alors, c’est une année sainte qui donne lieu à de nombreuses célébrations à Rome.

Dans l’histoire de la musique, c’est aussi l’occasion de trois premières mondiales. À Florence, Jacopo Peri (1561-1633) propose son Euridice tout comme Giulio Caccini (1551-1618) qui présente lui aussi une oeuvre intitulée Euridice. À Rome, Emilio de’ Cavalieri reçoit une commande du pape Clément VII : La Rappresentatione di anima e di corpo. L’oeuvre (ni tout à fait oratorio malgré son sujet sacré, ni complètement opéra bien que toute l’action se déroule en musique) (Jean-Christophe Pucek / Wunderkammern) est présentée en ‘première mondiale’ avec livret en italien en février 1600 à l’Oratorio della Vallicella de Rome, siège social de la Congrégation de l’Oratoire.

Nous nous attarderons à Cavalieri qui était un brillant compositeur ayant fait carrière jusqu’en 1599 à Florence et ensuite à Rome. Il décède en 1602. Il est contemporain de Monteverdi qui présentera en 1605 son Orfeo que tous s’accordent pour considérer comme le premier « véritable » opéra de l’histoire de la musique.

Plusieurs enregistrements de La Rappresentatione di anima e di corpo ont précédé celui que vient de réaliser René Jacobs. Il est intéressant de souligner qu’une seule artiste, Montserrat Figueras, a eu l’occasion d’interpréter sur disque le personnage d’Anima dans La Rappresentatione et de La Musica dans L’Orfeo.

Le commentaire d’Albéric Lagier facilite bien l’introduction à toutes les appréciations de cet enregistrement que nous avons consultées : « La Rappresentatione de Jacobs est d’une vitalité entraînante, écrit-il, d’une jouissance sans faille, clairement compréhensible grâce à des affects sans ambiguités et une diction qui soigne la magie aux milles facettes du verbe, une œuvre dont la profusion étonne sans cesse ». (Musikzen – 05/2015)

Les critiques ont été unanimes ( à une exception près) à trouver de très grands mérites à cette production de Jacobs qu’ils considèrent en général supérieure à cette autre proposition venant de Christina Pluhar réalisée pour Alpha en 2004.
Chez Gramophone (05/2015), Lindsay Kemp place Jacobs au sommet de la
compétition et tout en dressant le parallèle entre L’Orfeo et La Rappresentatione. « Jacobs renforcit la ressemblance en employant le même type d’orchestration luxuriante …, et les couleurs des violons, des violes, des cordes, flûtes à bec, cornets, trombones et des percussions ajoutées au continuo sont utilisées pour donner forme et aider à mettre en relief le caractère ».

On retrouve un commentaire qui va dans le même sens chez Classica ( # 171 – 04/2015). Jérémie Bigorie, se montre enthousiaste quant au travail de Jacobs et accorde un «Choc» à l’emregistrement. Retenons cet extrait de son commentaire : « Avec des idées foisonnantes et son sens infaillible du tactus dramatique, le chef s’emploie à enlever les récitatifs grâce à sa battue prenant toujours appui sur la levée, varie les ritournelles au moyen d’une instrumentation sans cesse renouvelée où les instruments d’agréments rivalisent de virtuosité, notamment les cornets ». Il poursuit: « Le plateau vocal participe de cet hymen réussi du coeur et de l’esprit… On l’aura compris, une interprétation passionnante au service d’un chef-d’oeuvre qui ne l’est pas moins ».
Chez Diapason ( # 633 – 03/2015) Denis Morier accorde un 5 Diapason. Il est d’avis que l’oeuvre de Cavalieri présentée à Rome en février 1600 « … à un auditoire de prélats et d’aristocrates » se situe de par « … son ampleur … et sa construction expérimentale… aux sources de l’opéra plus qu’à celle de l’oratorio ». Morier est d’avis également que « … Jacobs … surclasse ses prédécesseurs dans une réalisation somptueuse ».
D’après Kate Bolton de BBC Music Magazine (07/2015) (Note: 5) nous sommes en présence « … d’une interprétation extravagante et d’une vision embellie de la composition originale, par moments presque romantique avec sa palette orchestrale opulente et son riche chant choral ». « Du point de vue de la théâtralité, Jacobs l’emporte haut la main ». Point de vue similaire de la part d’Andrew Clements du Guardian (02/2015) (Note : 4/5). « On ne peut s’y tromper, écrit-il, nous sommes en présence d’une grandiose interprétation cérémoniale et cet enregistrement dépasse de loin l’enregistrement capté au festival de musique ancienne d’Utrecht en 2004 pour Alpha ». (i.e. Christina Pluhar)
Michel Parouty chez Opéra Magazine ( # 104, 03/2015) souligne pour sa part le «… sens du théâtre (de Jacobs) qui enflamme chaque note, chaque mesure ». Selon lui, « René Jacobs occupe désormais la première place dans la discographie d’une oeuvre captivante et inclassable, qui porte en elle les germes de deux genres lyriques essentiels, l’opéra et l’oratorio ». L’enregistrement se mérite un ‘Diamant / Opéra’.
Sur la Toile, nous disposons de compte-rendus remarquables, à commencer par celui de Sylvain Fort pour ForumOpéra (04/2015). Pour ce dernier il s’agit d’un « opératorio » car « … nous tenons ici le prototype (de ce qui sera sous peu) l’opéra et l’oratorio ». Ce critique souligne tout particulièrement la contribution du « … couple Johannes Weisser / Marie-Claude Chapuis (qui) apporte une jeunesse et une conviction délicieuse, tant dans la diction que dans l’espèce de joie joueuse qu’ils communiquent ».

Jean-Christophe Pucek rédige sur son blog (Wunderkammern) une analyse très bien documentée au plan historique de cet « operatorio ».. Tout en louant le travail de défricheur et d’innovateur de Jacobs, Pucek s’applique à vanter les mérites de la distribution vocale et la contribution des forces orchestrales. Comme le souligne ce commentateur, « Il est difficile de ne pas succomber au souffle théâtral qui parcourt cette réalisation et fait que … contrairement à d’autres, on ne s’y ennuie pas, … (elle) s’impose aujourdh’hui comme choix prioritaire pour découvrir une partition majeure de Cavalieri et de l’histoire de la musique ».
Chez MusicWeb International, on peut consulter trois critiques signées par des collaborateurs réguliers. Le commentaire de Brian Wilson n’apporte rien de nouveau à ce qui a été écrit si ce n’est qu’il avoue n’avoir qu’une légère préférence pour Jabobs par rapport à Pluhar. Garry Higginson est frappé par l’aspect joyeux de la partition de Cavalieri. Elle contient « … de nombreuses danses et des rythmes enlevants, de même que beaucoup de couleur instrumentale et de contrastes, tantôt dictées par le compositeur, tantôt résultat de l’imagination de Jacobs ». « C’est un enregistrement qui m’a emballé », écrit-il. Johan van Veen rédige comme toujours une critique fort bien documentée et très détaillée. Selon lui, il s’agit d’un drame sacré qui prend sa source dans les « morality play » remontant au moyen-âge. Pour ce qui est de l’approche interprétative de Jacobs, ce dernier, d’après van Veen, se permet beaucoup de latitude et dans ce cas-ci il semble avoir remporté son pari. Le critique se dit très satisfait du travail des solistes : « … d’un point de vue dramatique et stylistique, l’équipe est excellente ». Quant au choeur, il croit y déceler un vibrato trop manifeste. Au final, on ne peut départager Jacobs de Pluhar.

Dans le webzine allemand RondoMagazin (03/2015) on peut lire un commentaire signé Carsten Nieman qui nous apporte un autre point de vue très appréciatif du travail de Jacobs. Son texte fait à nouveau référence à l’opulence tant de l’orchestre que des choeurs : « Tout ceci est bien agréable à entendre : richesse du son, précision et déclamation intelligente ». Note de 4/5
La revue du Metropolitan de News York, OperaNews (11/2015), a fait paraître dans son édition numérique une analyse détaillée de l’oeuvre de Cavalieri sous la plume de Wlliam R. Braun. L’auteur relève chacun des points forts de cette réalisation et conclut en ces termes: « Voici en définitive une réalisation artistique qui contribue à faire de cette oeuvre un jalon irremplaçable dans l’histoire de l’opéra ».

La seule critique négative nous vient d’un critique chevronné. Brian Robins se dit totalement en désaccord avec l’approche de Jacobs. Cette réalisation, découlant d’une production du Staatsoper de Berlin donnée en 2012, est selon lui « … tout bonnement montée en fonction des exigences d’une maison d’opéra moderne avec une très riche tapisserie de musique instrumentale bien colorée, … avec un aéropage de chanteurs ‘fourre-tout’, qui possèdent beaucoup de vibratos, ce qui s’applique aux choeurs également… De plus une forte proportion du chant est beaucoup trop lyrique, du style arioso plutôt que le nouveau recitativo, …» . Robins n’accorde qu’une note de 1 sur 5 à l’interprétation et une note médiane de 3.4/5 à l’ensemble de la réalisation, ce qui est plutôt sévère.

Chez Classic @ la Carte, on poursuit le recensement des critiques disponibles. On peut consulter tout ce qui concerne cet enregistrement dans la section « Recensement de Mars 2015 ».

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