Biber : « Baroque Splendor » ~ Missa Salisburgensis

8435408099127

Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) : Fanfara, Motet ‘Plaudite tympana’ (1682),
Battalia à 10 (1673), Sonata Sancti Polycarpi (1673), Missa Salisburgensis (1682)

Hespèrion XXI, Le Concert des Nations, La Capella Reial de Catalunya, Jordi Savall, dir.
Alia Vox, AVSA9912 – Code-barres / Barcode : 8435408099127

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Savall revient à Biber qu’il a déjà visité à deux reprises. En mai 1999, il enregistrait à la cathédrale de Salzbourg avec son Concert des Nations et la Capella Reial de Catalunya la « Missa Bruxellensis » (AV 9808). Toujours en mai de la même année, il enregistrait aussi le «  Requiem à 15 in Concerto ». Ces enregistrements ont été réalisés dans la cadre du Festival de Salzbourg. Mais le Requiem ne sera mis en marché qu’en octobre 2002, accompagné de la «  Battalia à 10 » captée au Château de Cardona (Catalogne) la même année (AV9825).

Son dernier CD, en date de 2015, porte le titre de « Splendeur baroque » (Baroque Splendor).
La « Missa Salisburgensis », d’une durée de 43’36 en est la pièce maîtresse et fut enregistrée au début de 2015 dans la Col-legiata romane du Château de Cardona. On avance que cette messe grandiose fut interprétée pour la première fois dans le cadre des festivités organisées pour commémorer en 1682 le « onzième centenaire de la fondation de l’archevêché de Salzbourg par Saint-Rupert ». L’oeuvre était attribuée jusqu’à tout récemment à Orazio Benevoli. On croyait qu’elle avait été composée « … pour la consécration de la cathédrale de Salzbourg, le 24 septembre de l’an 1628 ». La paternité musicale de l’œuvre est maintenant attribuée à Heirich Ignaz Franz von Biber (1644-1704). Il faut lire à ce sujet l’essai de Ernst Hintermaier publié dans le livret accompagnant le disque. L’enregistrement comprend en plus de la messe un motet de Biber, Plaudite Tympana, à 54 ainsi que la « Sonata Sancti Polycarpi, à 9 ». On retrouve également sur ce CD la « Battalia, à 10 » déjà publiée sur le CD de 2002. Savall place en guise d’introduction une courte pièce de Bartholomäo Riedl (ca. 1650-1688) intitulée « Fanfara ». Le motet « Plaudite Tympana, à 54 » est un hymne et une louange à Saint-Rupert et il fut interprété selon toute vraisemblance « dans le contexte de la messe et en même temps qu’elle ».

L’accueil de la critique internationale est très favorable à cette réalisation de Jordi Savall et de son équipe de musiciens et chanteurs.

Du côté francophone, Sophie Roughol accorde une note de 5 (Diapason # 641- 12/2015) à l’enregistrement mais fait montre, nous semble-t-il, de peu d’enthousiasme. Elle parait préférer en fait les réalisations de Goebel et McCreesh qui « … guidaient nos oreilles dans des perspectives plus nettes, qui décuplaient l’impact d’une écriture extravagante entre toutes ».
Chez Classica (# 178 – 12/2015 et 01/2016), Philippe Venturini rédige un court commentaire, affirmant que Savall « … appose (encore une fois) sa signature inimitable » à une œuvre qui constitue « … un spectacle sonore typiquement baroque ». Le disque se mérite un Choc.

Du côté britannique Lindsay Kemp dans son commentaire pour Gramophone (11/2015) compare lui aussi ce nouvel enregistrement de la messe de Biber à ceux de Paul McCreesh (1998) et Ton Koopman (1999). Selon lui « Savall maîtrise cette musique avec une sensibilité très poussée du momentum, de l’équilibre et de la couleur ». Il est d’avis que « … l’acoustique plus organiquement naturelle de Savall permet une écoute d’ensemble plus agréable, tout en ne cédant que peu sur le plan de la splendeur globale ».
Autre critique favorable quoique très brève, celle de Kate Molleson pour le journal The Guardian. De son commentaire, on retient cette citation : « … les forces combinées (de Savall) nous livrent un son qui est chaud, vibrant et spacieux, alors que les voix solo bien distinctes s’acquittent fort bien de tout ce contrepoint ».

Sur le Toile, on peut lire un commentaire très élaboré et fort intéressant de Brian Wilson pour MusicWeb International (10/2015). Ce critique consacre en partie son article à une comparaison entre l’enregistrement de Savall et ceux de Paul McCreesh, Reinhard Goebel et Ton Kookman. Il souligne le fait que Savall insère deux œuvres de nature profane (Battalia à 10 et Sonata Sancti Polycarpi à 9 ) entre les pièces de nature sacrée. Il aurait préféré que la « Sonata » soit insérée après la messe comme dans l’enregistrement de McCreesh. Brian Wilson est d’avis que l’enregistrement de Savall se compare très favorablement à ceux de ses prédécesseurs, son grand mérite résidant dans la qualité sonore du CD, justifiant ainsi le titre donné à l’album – « Baroque Splendor » – et reproduisant de façon convaincante l’aura du site grandiose où fut présentée l’œuvre en première mondiale en 1682.
Un second commentaire signé Simon Thompson proclame cet enregistrement disque du mois de février 2016 chez Music Web. Thompson écrit que « Savall affiche d’entrée de jeu ses couleurs en donnant comme sous-titre  Baroque Splendour à son enregistrement » et il tient parole : « C’est ma plus formidable découverte musicale de l’année jusqu’à maintenant ». Ce critique ne tarit pas d’éloges à l’endroit de cette réalisation. « Savall dirige le tout de main de maître, exerçant un contrôle de tout instant sur tous les aspects de cette musique et faisant en sorte que l’ambiance soit à la fois dramatique et dévotionnel, ce qui est tout un exploit en soi ». « Dans l’ensemble, conclut-il, c’est tout simplement fantastique ». (« Overall, tremendous ».

Toujours sur la Toile, mentionnons la contribution de Bénédicte Palaux-Simonnet de Crescendo (Note de 10/10) qui nous livre une critique des plus élogieuses. Nous avons ici, écrit-elle « … un programme varié, intelligemment composé … ». À propos de la pièce maîtresse, la « Missa Salisburgensis » de Biber, elle ajoute : « … c’est tout à la fois un architecte, un visionnaire, un titan qui domine de haut sa partition et nous laisse pantois devant tant de beautés contrastées et de science musicale ». Dans le cas de Savall « … le musicien catalan ajoute (ici) une magistrale démonstration de son art, de son savoir, de sa fine sensibilité aussi ».
Johan Van Veen fait paraître (02/2016) sur son site un commentaire toujours des plus détaillés dans lequel il aborde la plupart des aspects déjà soulevés par d’autres critiques. Il met par ailleurs l’emphase sur le fait que la Missa Salisburgensis et la Sonata Sancti Polycarpi sont des pièces de circonstance destinées « … à refléter au moment de leur composition et de leur interprétation la splendeur d’une cour, d’une cité ou d’une église ». Van Veen regrette, à l’instar de Brian Wilson, que le motet Plaudite tympana n’ait pas été inclus dans la messe entre le Credo et le Sanctus. Son appréciation finale est néanmoins très positive (« a very fine performance ») et il recommande vivement l’acquisition du CD.

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